19 février 2009

Le jour de ma mort

Expérimentation de l'anaphore
Réalisé en atelier de création littéraire, le 19 janvier 2009

Le jour de ma mort, j’ai complètement perdu la boussole. Faisant fi de mes principes, j’ai remué ciel et terre pour m’attirer une parcelle d’attention. Telles une douche écossaise, les prunelles absentes et les acclamations muettes ont tiré un trait sur mes chimères de gloire.

Le jour de ma mort, nul n’a versé une larme. Noyée dans une masse anonyme, je ne fus jamais qu’une fourmi au royaume des géants, un numéro sur un bout de papier, une goutte d’eau dans un océan infini.

Le jour de ma mort, l’espoir a tiré sa révérence. À la merci des éléments, j’ai affronté dignement mon tragique destin. Ma salive ne s’est pas épuisée à implorer un coup de main, à quoi bon? La création entière avait bien d’autres chats à fouetter.

Le jour de ma mort, les vents ont chanté, les mers ont dansé, les astres ont valsé. La routine a poursuivi sa farandole frivole, sans se troubler, sans se presser.

Le jour de ma mort, j’ai implosé. Mes entrailles dispersées sur des kilomètres n’ont ébranlé aucune âme. Et pourtant, mon trépas a élargi l’univers de deux enjambées.

Le jour de ma mort, j’ai tourné la page sur des siècles de cafard. Telle une rose offrant ses pétales au soleil, j’ai déployé mon essence sur une toile couleur nuit.

Le jour de ma mort, je suis devenue magnifique, grandiose, éblouissante. Messieurs les astronomes, admirez la supernova Cassiopeia A!

Ha! Ha! Je vous ai eus! Il s'agissait de la mort d'une étoile!

Pour me faire pardonner, voici un lien intéressant qui vous permettra de contempler des photos de phénomènes cosmiques : http://heritage.stsci.edu/gallery/gallery_category.html

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