2 février 2009

La Québécoise et le Cubain

Pastiche de la fable de Lafontaine : Le chien et le loup
Réalisé en atelier de création littéraire, le 17 février 2008

Une Québécoise n’avait que les frissons et les tremblements,
Tant le Québec faisait rigoureux hiver.
Cette Québécoise rencontre un Cubain aussi basané qu’avenant,
Mince, séduisant, qui l’avait abordé avec savoir-faire.
Le toiser, le traiter en nullité,
Dame Québécoise l’eut fait volontiers;
Mais elle souhaitait profiter des vacances,
Et le Bellâtre promettait d’avance
À la réchauffer passionnément.
La Québécoise donc lui répond gentiment,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son hâle, qu’elle envie.
Il ne tiendra qu’à vous, belle amie,
D’être aussi bronzée que moi, lui rétorque le Cubain.
Quittez le Québec, vous ferez bien :
Vos semblables y sont frigorifiés,
Glaçons, flocons, et routes verglacées,
Dont le dessein est d’occire de froid.
Car quoi? Rien d’aisé : point de véritable répit;
Tout au manche de la pelle.
Mariez-moi : vous aurez bien meilleure existence.
La Québécoise s’enquiert : Que me faudra-t-il changer?
- Presque rien, répond le Cubain, offrir bon accueil aux visiteurs
Apportant cadeaux, et fleurs;
Servir ceux des palaces, à son gouvernement obéir :
Moyennant quoi vos loisirs
Seront mainte béatitude de toutes les manières,
Infini de sable, infini de mer,
Sans compter de constante chaleur.
La Québécoise déjà se projette un bonheur
Qui la fait rêver de splendeur.
Chemin faisant, elle aperçut la demeure du Cubain cajoleur.
Qu’est-ce là? lui demanda-t-elle. – Rien. – Quoi? Rien? – Peu de chose.
- Mais encore? – Le dictateur dont je suis dépendant
De ce taudis imposé est peut-être la cause.
- Imposé? s’exclame la Québécoise : vous n’habitez donc pas
Où vous voulez? – Pas vraiment, mais qu’importe?
- Il m’importe tellement, que de tout votre Cuba
Je ne désire en aucune sorte.
Et je ne désirerais pas même à ce tarif d’une mine d’or.
Ceci rétorqué, Dame Québécoise saute dans son avion et grelotte encor.

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