27 février 2009

Dans cent ans

Exercice réalisé en atelier de création littéraire, le 15 novembre 2008

Dans cent ans, il ne sera d’aucune importance ce qu’était mon compte de banque, le genre de maison où j’habitais ou la marque de voiture que je conduisais, mais le monde sera meilleur, car j’étais importante dans la vie de deux enfants.

Pourtant, à tort ou à travers, je me considère parfois comme mère abominable. Chaque jour de la semaine, j’arrive à la maison à la bourre, les paupières lourdes comme des camions tellement je brûle la chandelle par les deux bouts. Je suis soupe au lait, j’explose pour un rien et je demande la lune à mes pauvres poussins. J’en ai mon voyage, du désordre, des devoirs, du ménage, des tâches. J’exige être obéie au doigt et à l’œil, je fends les cheveux en quatre, je suis une véritable langue de vipère.

D’un autre côté, quand ma fille me parle à cœur ouvert de ses malheurs ou lorsque mon fils prend ses jambes à son cou, le sourire fendu jusqu’aux oreilles, pour me tenir en haleine sur un cent mètres, l’adoration inconditionnelle qui éclaire leurs prunelles touche ma corde sensible.

À Ariane, mon artiste dans l’âme, je transmettrai ma passion pour la plume et mon tempérament de feu. À William, mon clown à fleur de peau, j’offrirai mon épaule, mes bras, mes tapes dans le dos. Je les guiderai tous deux sur les chemins tortueux de la vie et, dans cent ans, leurs descendants répandront encore mon amour.

3 commentaires:

Claudel a dit…

Qu'ajouter ou que dire. Vous pourriez ré-écrire ce blogue et mettre le texte dans la petite boîte de trésors de chacun en leur disant: "ouvrir dans 20 ans".

Claudel a dit…

Excusez-moi, je n'avais pas lu que c'était un exercice. Criant de vraisemblance.

Isabelle Lauzon a dit…

Il n'y a pas de mal, c'était à un fort pourcentage autobiographique!