14 février 2009

Chers complexes

Pastiche d'une lettre de Madame de Sévigné, « Comte de Bussy »
Rédigé en atelier de création littéraire, le 15 octobre 2008

Chers Complexes,

J’espérais bien que, tôt ou tard, vous me murmureriez au revoir, et que si ce n’était en public, ce serait de ce côté du miroir. Comme je ne suis pas une poule de luxe, je me suis contentée de ce corps-ci, et je n’avais jamais rêvé que vous puissiez quitter mon existence. J’avais déjà accepté votre jugement, avant que vous ne l’eussiez prononcé.

Depuis que je vous ai évincés, je n’ai plus souffert de votre fielleux venin, même que, pour vous avouer honnêtement, je ne me peine point trop de vous voir à l’agonie. Je serais une fieffée menteuse d’une si incroyable hypocrisie, si j’étais affligée de vous savoir en cette posture dans le gouffre de la plus grande oubliette qui existe en cet univers, et en un désespoir aussi profond que celui que vous vivez. Je comprends que vous préféreriez des soupirs davantage affligés que ceci : chacun se tourmente à sa façon; cependant, moi, je fais promesse de devenir sereine, beaucoup plus que vous : voici le message dont je souhaite vous faire part.

Je pense, mes chers Complexes, que vous ne me manquerez jamais, et je recommande à Lucifer de toute âme qu’il vous torture. Voici le souhait que je lui aurais formulé, et dont je vous espère de trembler d’angoisse, comme j’ai subi la vôtre dans le passé.

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